Les populations en faveur d’une Union entre les deux rives de la Méditerranée

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Une majorité de personnes reconnaissent les avantages d’une coopération régionale basée sur le principe d’une Union pour la Méditerranée, selon les résultats de la toute première enquête d’opinion sur les Relations entre les cultures en Euro-méditerranée, réalisée par Gallup  

Bruxelles, 15 septembre 2010– Pour la toute première fois, les habitants de l’Europe et du Sud et de l’Est de la Méditerranée ont participé à une enquête d’opinion concernant leur capacité à accepter l’idée d’une entité unie et d’un projet partagé tout autour de la Méditerranée.

Selon l’enquête Euro-méditerranéenne Gallup 2010, commandée par la Fondation Anna Lindh dans le cadre de son premier Rapport sur les Tendances Interculturelles et dont le lancement officiel a lieu aujourd’hui à Bruxelles, les populations à travers la Région ont l’espoir qu’un projet commun, basé sur le principe d’une Union pour la Méditerranée, puisse apporter des résultats positifs pour l’avenir.

Lorsqu’il s’est exprimé, à l’occasion du lancement international à Bruxelles, André Azoulay, Président de la Fondation Anna Lindh, a déclaré: “Grâce aux conclusions du Rapport, nous serons en mesure de faire face efficacement à l’ensemble des enjeux qui ont fragilisé les aspects institutionnels et idéologiques dans les précédentes tentatives pour construire une Union entre les deux rives de la Méditerranée, en nous assurant que le Partenariat ne soit pas simplement une zone de libre-échange déséquilibrée, et en lui donnant une légitimité humaine, en intégrant la notion de justice sociale et en adoptant des règles partagées acceptées par tous afin de faire face aux défis communs.”

L’enquête d’opinion Anna Lindh/Gallup a été réalisée sur un échantillon de 13,000 personnes vivant dans treize pays Euro-méditerranéens: Allemagne, Bosnie-Herzégovine, France, Egypte, Espagne, Grèce, Hongrie, Liban, Maroc, Royaume Uni, Suède, Syrie, et Turquie.

Toujours selon l’enquête, l’innovation et l’entreprenariat sont les bénéfices les plus cités par les personnes interrogées vivant dans les régions au Sud et à l’Est de la Méditerranée lorsque le projet pour une Méditerranée partagée est évoqué. Le respect des autres cultures, la solidarité sociale et le dynamisme de la jeunesse sont les bénéfices les plus appréciés par les Européens.

Le Rapport Anna Lindh révèle également que la ‘Méditerranée’, en tant que catégorie socioculturelle, existe pour la majorité des habitants de la région, avec quatre personnes sur cinq interrogées associant la région à des notions telles que l’hospitalité, le style de vie, le patrimoine commun et l’Histoire.

Environ 80 pourcent des personnes interrogées ont associé la Méditerranée à des valeurs positives et ont exprimé une réelle curiosité pour la région et un désir sincère de découvrir l’Autre, ainsi que la conviction qu’il existe une proximité qui tire ses racines de l’héritage commun de l’Histoire. Plus de 80,5% reconnaissent ainsi le patrimoine commun que représente la Méditerranée. D’un autre côté, les personnes interrogées ont associé la Méditerranée à une source potentielle de préoccupations, avec près de 68% de ces derniers considérant la Région comme pouvant être à l’origine de conflit.

Propositions d’Action

Le Rapport Anna Lindh 2010 vise à servir d’outil d’action entre les mains des institutions, de la société civile, des gouvernements, des médias, et des personnes individuelles qui s’engagent pour améliorer les relations entre les cultures. Un certain nombre de directives et de propositions, basées sur les conclusions de l’enquête et sur les analyses du Rapport, sont ainsi formulées:

  • Relayer les images et valeurs clés associées à la Région. Tel que souligné dans les analyses qualitatives du Rapport, la transmission d’images positives que les personnes peuvent associer avec la Méditerranée pourrait servir de base dans l’amélioration des perceptions mutuelles et la promotion d’un sentiment d’appartenance commune au projet euro-méditerranéen. Afin d’atteindre cet objectif, l’engagement au niveau institutionnel comme à l’échelle de la société civile demeure essentiel. Les déclarations politiques faites dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée doivent toujours souligner les dimensions humaine et sociale du projet, et il est également suggéré d’adopter une devise commune pour l’Union, qui serait conçue à partir des valeurs clés et des images partagées et associées à la région méditerranéenne

 

  • Améliorer le rôle des jeunes et des femmes en tant qu’acteurs clés de l’Union pour la Méditerranée. Le Rapport démontre que les jeunes représentent des agents moteurs sur le terrain de la promotion du dialogue interculturel à travers la région et recommande de continuer à investir dans leur capacité à jouer le rôle de leaders interculturels et de promoteurs actifs des valeurs partagées. La promotion de rencontres transnationales de jeunes et le soutien à des initiatives locales à dimension interculturelle menées par des jeunes doivent être assurés, tout en capitalisant sur l’utilisation des outils informatiques et des médias en ligne lors du lancement à l’échelle régionale de campagnes pour le dialogue. Le rôle et la contribution majeurs des femmes, toujours selon les résultats de l’enquête Anna Lindh/Gallup, dans le façonnement et la transmission des valeurs à leur entourage, doivent être mis en avant et soutenus à travers des programmes centrés sur l’amélioration de leurs capacités à promouvoir le dialogue à travers les sociétés euro-méditerranéennes.  

 

  • Développer des outils pour des interactions de meilleure qualité. Assurer la qualité, plutôt que la quantité, des échanges interculturels et investir davantage dans des outils innovants afin d’améliorer les compétences interculturelles des personnes.Le Rapport définit un certain nombre de programmes existants et de kits sur lesquels il serait bon de capitaliser pour améliorer le travail lié au dialogue. L’importance de ces compétences interculturelles doit être relayée à une large majorité des habitants de la Région, et l’organisation d’un événement sur le dialogue interculturel à travers la région euro-méditerranéenne pourrait contribuer à la sensibilisation des populations