Communique de Lucio Guerrato, Directeur Exécutif de la Fondation Anna Lindh
La Fondation Anna euro-méditerranéenne Lindh pour le Dialogue entre les Cultures déplore sans aucune réserve la mise en circulation du court-métrage "Fitna" par Geert Wilders, parlementaire hollandais d’extrême droite.
La Fondation considère son contenu comme un amalgame trompeur d`images extrêmes et de contenus abusifs, visant à discréditer la religion islamique.
Il faut être bien clair dans cette affaire. Il ne faut pas opposer stérilement, comme ce fut le cas à l’occasion des polémiques soulevées lors de la publication des caricatures sur Le Prophète Mahomet deux principes parfaitement légitimes : d’une part le principe de liberté d’expression, et d’autre part le respect des principes et des croyances d`autrui, le résultat étant des accusations réciproques d’intolérance. En réalité, la vraie intolérance est celle de vouloir obliger l’autre à accepter ce qu’il ou elle considère comme moralement offensif.
Par ailleurs la mise au ban du court-métrage de M. Wilders n’a rien à voir avec le principe de liberté d’expression. Son contenu, les racines politiques de ses auteurs, le message qu’il véhicule, montrent que le seul but qui y est poursuivi est celui d’attiser des sentiments de haine religieuse. Pour de telles raisons la Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh pour le Dialogue entre les Cultures estime qu’il faut condamner sans réticences l`œuvre de M. Wilders, comme elle condamne et condamnera toujours toute action, qu’elle soit violente ou verbale et quelle que soit son origine, lorsqu'elle vise à mettre en danger la coexistence entre individus et communautés de différente appartenance nationale ou religieuse.