Atelier sur le Dialogue à travers la Non-violence, Naples 15-17 octobre 2010

Follow us on Twitter! Subscribe to RSS!

Environ vingt anciens combattants se sont réunis pendant le séminaire de Naples avec dix opérateurs culturels et sociaux dans le but de mettre en place une plateforme euro-méditerranéenne de travail sur le dialogue, la réconciliation et la paix.

Les participants venaient d’Italie, d’Irlande, du Royaume Uni, de Bosnie-Herzégovine, de Chypre, de Turquie, d’Israël et de Palestine.

Une telle plateforme devrait fonctionner sur la base des principes suivants :

- La plateforme doit être utile à chacune des organisations y prenant part, et doit contribuer à soutenir leurs activités. La plateforme devra donc multiplier et non remplacer les activités des organisations impliquées dans son fonctionnement, tenant compte des limitations en termes de temps et de ressources.

- La plateforme doit offrir un soutien mutuel en termes d’échange de connaissances et de services, et en termes de participation internationale dans des actions portées par les organisations qui y sont représentées. La notion de soutien mutuel doit bénéficier à l’ensemble des parties, sans qu’il y ait de ‘donateur’ ou de ‘receveur’.

- La plateforme doit faciliter les processus de ‘conscientisation’ selon les termes décrits par le philosophe Paulo Freire: devenir sensible à l’état d’oppression, se libérer de l’oppression, se mobiliser et participer activement dans la transformation de la société dans laquelle on vit. Les personnes concernées par les activités de la plateforme sont toutes des agents potentiels du changement. La ‘conscientisation’ - qui peut se construire de différentes manières et à partir d’une variété de moyens différents – peut faire des personnes impliquées les acteurs principaux du processus de résolution de conflit.

- La plateforme ne doit pas se limiter à impliquer des anciens combattants, mais à établir un espace de soutien à l’action non-violente au sein des sociétés de la région euro-méditerranéenne au sens large. L’expérience des anciens combattants peut aider la démarche des travailleurs sociaux dans d’autres contextes violents, dans un état de tension et de crise (zones à forte diversité ethnique en raison de la présence de nombreuses communautés immigrées, zones sujettes au contrôle de bandes criminelles organisées ; etc.). Soutenir l’action non-violente pourrait être aussi nécessaire dans un contexte post-conflit armé, dans lequel la réconciliation est nécessaire, ou dans un contexte de conflit armé potentiel, dans lequel l’utilisation des armes se développe.

- La plateforme doit se pencher sur la dimension humaine de ceux qui sont impliqués dans un conflit. Travailler à redécouvrir l’humanité des personnes signifie de mettre en place les conditions pour une évolution politique et sociale dans des zones de conflit.

- La plateforme doit commencer à promouvoir des projets concrets visant à engager les différentes organisations qui la constituent. Sans adopter une approche opérationnelle et tournée vers la mise en place de projets, le développement de la plateforme risque d’être compromis. Promouvoir des projets concrets implique d’adopter une méthodologie de travail, d’établir une coopération avec des partenaires, et d’identifier les ressources nécessaires à la réalisation de ces projets. La Fondation Anna Lindh peut faciliter la promotion de projets concrets au niveau de la plateforme. La promotion de tels projets nécessitera l’engagement d’autres donateurs. 

- La plateforme doit pouvoir se rencontrer de manière régulière, afin de bâtir sur les fondations mises en place à Naples. La Fondazione Mediterraneo est prête à mettre à disposition un espace, de manière périodique, pour accueillir les réunions de la plateforme, dans le cadre de ses Ateliers Internationaux pour la Paix.