Lauréats du Prix Anna Lindh 2008/2007

Gideon Levy

Gideon Levy

Pays: Israel
Age: 55
Position: Haaretz
L'écriture est un moyen d’expression, une manière de lutter pour la vérité et la justice

J’ai débuté ma carrière à 18 ans au sein de la station de radio des Forces de Défense Israéliennes. Pendant quatre années j’y ai travaillé comme reporter et rédacteur du magazine d’informations. C’était ma véritable école de journalisme : être si jeune et suivre en direct l’atterrissage du Président égyptien Sadate en Israël en 1977. Ma carrière a ensuite connu une seconde étape, durant laquelle mon travail comme attaché de presse et porte parole de Shimon Peres, alors leader du Parti Travailliste Israélien, a dépassé les frontières du journalisme. En 1982 j’ai rejoint le journal Haaretz, grand quotidien d’informations en Israël, au sein duquel j’ai poursuivi ma carrière jusqu’à aujourd’hui. J’ai commencé à couvrir la question de l’occupation à partir de la première Intifada en 1987.

Plus que tout, ce que j’aime c’est l’écriture. Pour moi c’est un moyen d’expression, une manière de lutter pour la vérité et la justice, et dans une certaine mesure c’est aussi un moyen de pression. Aussi, j’apprécie de me rendre dans les territoires occupés, chose que peu d’Israéliens aujourd’hui osent encore faire. J’aime mon travail tant que celui-ci a un sens, ce qui, malheureusement, n’est pas toujours le cas. L’opinion publique israélienne a été, en effet, conditionnée pendant des décennies, et les gens ne veulent pas lire, ne veulent pas savoir, ne veulent rien entendre de l’occupation.

Mon principal axe de travail consiste à suivre le quotidien des Palestiniens sous l’occupation israélienne. Je rédige également des éditoriaux sur le même thème. J’écris par ailleurs des critiques pour la télévision et sur des livres.

Mon article gagnant
Environ 850 enfants palestiniens ont été tués par l’occupation israélienne durant les sept dernières années. J’ai pensé qu’à l’occasion de la nuit du Nouvel An Juif, Rosh hashana, les Israéliens devraient se remémorer leur existence. J’ai rassemblé tous les articles que j’avais rédigés durant l’année écoulée au sujet des enfants tués au sein d’un seul article afin de montrer au lecteur israélien ce qui est opéré en son nom d’un Nouvel An à l’autre.

Article

Jamila Zekhnini

Jamila Zekhnini

Pays: Belgium
Position: Agenda Interculturel
"Les rencontres des gens différents est un rappel constant que La Vérité n'existe pas"

J'ai débuté et j'ai commencé ma carrière en journalisme en écrivant des articles pour le mensuel de l'organisation pour laquelle je travaille, l'Agenda interculturel, il y a à peu près 2 ans. (Centre Bruxellois d'Action Interculturelle)
Ce qui me fascine le plus dans le métier de journalisme c'est certainement les rencontres: des gens très différents, des points de vue tellement diversifiés, un rappel constant que La Vérité n'existe pas. C'est aussi le rappel que plusieurs voies sont empruntées, que chaque voie n'en est qu'une parmi d'autres et qu'elle a une valeur en soi ; une vraie richesse et une nécessité.
Je suis aussi toujours fascinée par la découverte de la trajectoire de vie de la plupart des personnes rencontrées; souvent assez renversant.

Et puis quand l'objectif de sensibilisation à une thématique touche un public plus large que celui espéré, c'est un beau retour.
Les questions sociales, en ce inclus toutes celles liées à la diversité culturelle et à ses enjeux , à l’histoire des migrations et de l’immigration, à la communication interculturelle ainsi que les thèmes liés aux processus de "transmission" me mobilisent davantage.

Au sujet de mon article

J'ai eu l'opportunité de participer à l'appel d'offre "Bourse pour journalistes" de la Fondation Roi Baudouin et celle de proposer un sujet pour lequel j'avais un intérêt particulier en lien avec l'objet de travail de mon institution. Le statut de la femme dans l'islam est un thème auquel je porte un certain intérêt depuis bien longtemps. L'occasion m'était donnée d'approfondir ce thème et surtout de rencontrer ces femmes qui se mobilisent autour de cette question là et qui la pose particulièrement en lien avec la relecture et la réinterprétation des sources islamiques. J'étais curieuse de découvrir dans quelle mesure la mobilisation était importante, dans quels contextes, de quelle manière et à partir de quel cadres de références sociales, culturelles et religieuses celle-ci se déclinait.

Par ailleurs, nous trouvions le sujet peu traité ou souvent au travers d'un même prisme. Les voix de ces femmes musulmanes ou non, qui s’expriment au travers d'initiatives et d'engagements multiples sont peu relayées par les médias grand public. Nous avons voulu nous faire un peu l'écho de ces voix.

Musulwoman

Uros Skerl

Uros Skerl

Pays: Slovenia
Age: 31
Position: Dnevnik Newspaper
Ecrire, c'est transformé en langage les larmes et les joies des personnes qui croisent mon chemin

J'ai débuté ma carrière de journaliste en écrivant pour le journal Delo et le magazine Stop, alors que j'étais encore étudiant. A cette époque j'écrivais principalement des comptes-rendus sur l'actualité musicale, des reportages et des interviews de groupes et de chanteurs de rock nationaux et étrangers.

Après une licence de journalisme à la Faculté des Sciences Sociales de l'Université de Ljubljana, on m'a proposé de commencer à travailler au sein d'un magazine politique de premier ordre, qui est un des suppléments hebdomadaires du journal Delo. De 2003 à 2006, j'ai contribué à ce magazine par des articles de fond, des reportages, des commentaires et interviews, dans les domaines de la politique étrangère, de la politique sociale, des minorités ethniques, de la situation des immigrés, et des groupes socioculturels défavorisés. Alors que je prenais mes marques en tant que jeune journaliste, j'ai eu l'opportunité – au travers d'interviews et de travail de terrain – de me familiariser avec des domaines ayant affaire aux relations entre les Etats (principalement entre la Slovénie et ses voisins), aux politiques de l'UE, de l'Europe, aux relations internationales, aux courants politiques à l'échelle mondiale et aux politiques de défense. Je rédigeais des commentaires sur les décisions gouvernementales, à partir d'une observation des relations entre la société civile et le gouvernement et les relations entre le gouvernement et les minorités ethniques. J'ai également écrit des articles sur les politiques de l'immigration. J'ai assisté à de nombreux séminaires et workshops internationaux destinés aux journalistes. Par ailleurs, j'ai été un membre actif de l'Union des Journalistes Slovènes et rédacteur des pages du site web de cette dernière, de manière temporaire.

En 2006, en raison de la situation politique défavorable vis-à-vis des médias slovènes, j'ai été obligé de quitter Delo pour le journal Dnevnik, au sein duquel je m'efforce de poursuivre ma carrière.

Alors que je suis assis dans l'obscurité de la nuit, devant mon ordinateur – le processus se fait seul, il est parfois douloureux, mais toujours gratifiant; il s'agit de rendre compte, sur le papier, des expériences de la vie de tous les jours, des larmes ou de la joie des personnes qui croisent mon chemin, toujours avec un profond respect pour leur soif de survie et une admiration pour leur capacité à parfaitement comprendre et interpréter leurs vies, chacune, parmi ces dernières, représentant une part, même infime, de l'histoire de l'humanité - je suis fier, sincèrement, d'être devenu journaliste.

Mon article gagnant

La Bosnie Herzégovine et les autres républiques de l'ancienne Yougoslavie ont toujours représenté une partie de mon identité. Déjà du temps de la Yougoslavie, mais également ensuite, les affaires politiques de cet Etat, la guerre, les réfugiés, ont toujours été liées, d'une manière ou d'une autre, à la vie politique et quotidienne de la Slovénie. Par ailleurs, les échanges culturels, formels ou spontanés, et le tourisme, entre la Slovénie et la Bosnie Herzégovine, ont considérablement influencé nos deux sociétés.

Les Musulmans de Bosnie Herzégovine ont clairement été les victimes d'un conflit interethnique complexe, la guerre de Bosnie. De nombreux auteurs réputés ont écrit sur ce thème, des documentaires et des films ont été réalisés. Des histoires comme celle que je raconte dans mon article sont très importantes afin d'engager une réévaluation de la situation à la fois politique, culturelle et éthique, tant pour la Bosnie Herzégovine, que pour la Serbie, l'Ouest des Balkans, l'UE, l'ONU et l'ensemble de la communauté internationale. De tels récits se trouvent à chaque coin de rue.

Lorsque je suis arrivé à Sarajevo l'histoire était là, dans ce camp, aux abords du Stade Olympique Kosevo. Des mères avec leurs enfants, venant de Srebrenica, réfugiés dans leur propre pays, revivant la peur et le traumatisme qu'ils étaient en train d'essayer d'oublier. Malheureusement, comme le décrit l'une des personnes interviewées dans cet article, la peur et le traumatisme perdureront, au-delà de cette génération, jusqu'à la suivante.

Des problèmes? Au départ, avec chaque nouvelle personne interrogée, on a peur de poser des questions – il est très difficile de trouver les mots justes. Dès que les victimes commencent à s'exprimer, il devient alors clair qu'elles se sont déjà posé maintes fois les mêmes questions. Les Musulmans de Srebrenica se posent des questions qui apparaissent comme fondamentales du point de vue de l'humanité dans son ensemble. Ces questions, ce récit, sont leur histoire. Je n'ai fait que les écouter, les observer, essayer de ressentir leurs peines. Tout cela, j'ai tâché de le retranscrire sur le papier, pour en faire un récit, douloureux certes, destiné au lecteur. Mes trois collègues, également récompensés du Prix Euro-Med de Journalisme, en ont fait de même dans leurs articles.

Why Wait Another Massacre

Vercihan Ziflioglu

Vercihan Ziflioglu

Pays: Turkey
Age: 33
Position: Turkish Daily News
"Jouer avec les mots, une passion pour moi"

Petite fille, j’étais déjà passionnée par les livres et les mots. Ce que je peux clairement me remémorer aujourd’hui, c’est l’odeur indescriptible qui émane des pages de chaque livre, dont je m’imprégnais chaque fois que je rencontrais un ouvrage, neuf ou ancien, et qui faisait naître en moi une irrésistible envie d’apprendre. En grandissant, alors que je fréquentais les écoles de la minorité arménienne, j’ai découvert les grands noms des littératures turque et américaine. C’est à cette époque que mes talents littéraires furent découverts. J’ai par la suite gagné des prix à l’occasion de concours d’écriture organisés au niveau des écoles secondaires à Istanbul. Je n’avais que quatorze ans lorsque mon professeur me demanda de préparer le journal de mon école.
En 1989, mes rédactions ont commencé à être publiées dans les pages pour enfants de

Marmara Gazetesi, un quotidien arménien d’Istanbul. Chaque vendredi, je me rendais dan les bureaux du Marmara après l’école, alors que mes amis allaient au cinéma. Le fait d’écrire s’est alors transformé en une véritable passion. Là, dans les bureaux de ce quotidien, j’étais entourée de personnes qui effectuaient leur travail passionnément. Les petites mains au travail : celles, bien éduquées, tapant à la machine, d’autres, adroites, couvertes d’encre, plaçant les lettres sur les pages afin de préparer l’impression… Ces gens travaillaient dans la pure tradition journalistique, avec des méthodes et équipements d’impression des plus anciens. Et moi, j’étais une simple lycéenne, entourée par toutes ces personnes affairées à leurs tâches au sein des bureaux de ce quotidien, dans cet environnement en constante ébullition.

En 1993, Zahrad, l’un des plus éminent poètes arméniens, m’a invitée à rejoindre la rédaction du journal littéraire arménien ‘Nor San’, au sein duquel il était rédacteur en chef. C’était un grand honneur pour moi de pouvoir travailler avec un poète d’une telle réputation, dont les recueils ont été traduits dans de nombreuses langues de par le monde. ‘Nor San’ est l’un des pionniers parmi les journaux qui traitent de la littérature arménienne moderne d’Istanbul, et de nombreux grands noms ont un jour été journalistes ou ont contribué à des articles au sein de ce journal littéraire respecté. ‘Nor San’ a représenté un tournant important dans ma vie. Mes premières interviews, ainsi que mes premiers articles et poèmes y ont été publiées. C’est en même temps que j’ai écrit mes premiers articles sur la communauté arménienne vivant en Turquie et sur d’autres questions sociales. Lorsque j’ai été diplômée de mon école, j’ai postulé pour le quotidien Marmara et j’ai été acceptée.

Ainsi, mon aventure de journaliste débuta. Durant les années où j’ai travaillé pour le quotidien Marmara, certains de mes articles et poèmes ont été publiés dans des journaux et magazines de la diaspora. En 2000, mon premier recueil de poèmes, ‘Ananun Yeraz’ (Sans rêve) a été publié par la Compagnie d’édition Aras à Istanbul. Beaucoup de mes poèmes ont été également inclus dans de nombreux recueils d’anthologie publiés par la diaspora. Ces travaux incluent ‘Diaspora Armenian Modern Literature’ La Littérature moderne de la Diaspora arménienne (Royal Oak, Michigan, USA, 1994), ‘Modern Istanbul Literature’ La Littérature moderne d’Istanbul (Liban, 2004), ‘The Other Voice Armenian Women’s Poetry through the Age’ L’Autre voix, La Poésie des femmes arméniennes au travers des âges (Massachusetts, USA, 2005). Mon second recueil de poèmes, ‘Hanelug’ (Le Tamis), a été salué par les lecteurs en février 2007.

Hrant Dink et l’aventure Agos

Lorsque je n’avais que 17 ans, j’ai rencontré le journaliste Hrant Dink, rédacteur en chef de l’hebdomadaire bilingue turco-arménien Agos, qui sera assassiné le 19 janvier 2007 lors d’une réception au Patriarcat Arménien de Turquie. Dink indiqua lors de notre rencontre qu’il souhaiterait me voir rejoindre l’équipe de son futur hebdomadaire, Agos, qui n’était à ce moment là qu’à l’état de projet. En 1996, lorsqu’Agos publia ses premiers numéros, je faisais partie de l’équipe du journal. Plus tard, Dink me demanda d’être rédactrice des pages pour enfants publiées en langue arménienne. Je rédigeais des articles dans ma colonne spéciale durant cette période. Sans pour autant mettre fin à mon travail tant à Agos qu’à Marmara, je commençais également à écrire des colonnes pour Jamanag, l’un des plus anciens quotidiens de Turquie, publié en langue arménienne.

En 1998, à la suite de mes différents emplois au sein de journaux de la communauté arménienne, je commençai à travailler comme reporter au service Culture et Arts du grand quotidien Hürriyet. Au même moment, je travaillais comme rédactrice pour le supplément littéraire du même journal, le magazine Gösteri. Je rencontrai des grands noms de la littérature turque durant toute cette période. En 2002, je suis devenue la correspondante turque du magazine de culture et d’art, ‘Sirag’, basé à Beyrouth. En 2007, j’ai rejoint l’équipe de Turkish Daily News (TDN), premier quotidien turque en langue anglaise, sous la direction du rédacteur en chef David Judson. TDN a rejoint en janvier 2000 le plus important groupe de média turc, le Doğan Yayın Holding (DYH). Le grand tournant de ma vie a été ma rencontre avec David Judson. Je suis persuadée que l’environnement unique qu’il a su créer à TDN est le facteur majeur de notre succès. Premièrement, il nous fait confiance. De plus, il n’a jamais hésité à nous soutenir, même dans les situations les plus délicates. Il a par ailleurs réussi à créer une équipe multilingue. En plus de l’anglais et du turque, environ 15 langues différentes sont parlées au sein de notre bureau. Les caractéristiques principales de notre quotidien sont l’atmosphère multiculturelle et un sentiment de coexistence dans la paix et l’harmonie. La plupart du temps, j’identifie David Judson à l’inoubliable personnage du professeur, dans le film Le Cercle des Poètes disparus, réalisé par Peter Weir. Je pense qu’avec son approche unique et sa compréhension du métier de journaliste, David Judson est un excellent rédacteur en chef, et devrait être imité.

‘Etre séparée des journaux, ma plus grande phobie’

Réaliser des reportages et écrire des articles, en bref, le journalisme, sont extrêmement passionnants. Chaque fois que j’entame un nouveau sujet, j’ai l’impression que je ne parviendrai jamais à le terminer, car je me sens toujours comme un reporter amateur. Lorsque je termine un article ou un sujet, je me dis ‘Ce qui est passé restera passé et je dois maintenant rechercher quelque chose de nouveau aujourd’hui’. J’apprécie énormément le travail de recherche et la rencontre avec les gens. Le journalisme n’est pas seulement mon métier, c’est un mode de vie. Pour moi, c’est un moyen d’aller à la rencontre des gens, leur parler, discuter avec eux d’une multitude de sujets, et c’est également une manière de défendre la vérité. L’écriture est ma passion, et grâce à elle, je joue chaque jour avec les mots. Beaucoup de personnes dans le monde ne peuvent pas effectuer le métier qu’ils aiment. A mon sens, je fais partie d’une minorité privilégiée de ce point de vue. Parfois, je ne veux même pas regarder en face certaines difficultés que je rencontre car j’éprouve toujours une véritable passion pour mon métier. Et ma plus grande phobie serait d’être obligée de vivre loin des journaux et de mon métier.

J’ai été extrêmement touchée et émue lorsque j’ai appris que j’avais reçu le Premier Prix de la Fondation Anna Lindh pour le journalisme. Tout d’abord, c’était un grand honneur et un privilège de recevoir une telle récompense de la part de la Fondation. Par ailleurs, cela représente également une réussite. Le jour où j’ai reçu ce Prix, je me suis dit, « ce prix ne doit pas faire de moi une professionnelle, je dois toujours garder mon esprit amateur ». La plume et la feuille de papier… Je suppose que ces deux passions, qui datent de ma plus tendre enfance, resteront présentes en moi toute ma vie.

Conflits d’identité et sentiment d’appartenance à une certaine identité.

Des gens dans le monde perdent leur vie en raison de leur religion, leur langue, leur ethnicité et leurs préférences. Même si nous le refusons, notre identité et notre sentiment d’appartenance à une ethnicité, à une religion ou à une identité culturelle façonnent notre futur. La télévision, que je regarde chaque jour, me fait mal. Les évènements qui ont suivi l’assassinat de Dink en Turquie sont notoires et très tristes. Je voulais simplement accomplir certaines choses qui soient bénéfiques à la fois au pays dans lequel je suis née et à la communauté arménienne à laquelle j’appartiens. Je voulais simplement dire tout haut que le Turquie est un pays multicolore, tel un arc en ciel, et que personne ne devrait tenter d’atténuer ces couleurs. La seule chose que je pouvais faire dans ce sens était d’écrire, et c’est ce que j’ai fait. J’ai pris ma plume. J’ai toujours détesté le mot ‘minorité’.

Je suis convaincue qu’aucun pays ou groupe ethnique ne devrait être confiné dans l’appellation ‘minorité’. Je ne peux tout simplement pas comprendre pourquoi les questions d’identités et d’ethnicités sont si importantes dans le monde. Peut-être ne vais-je jamais vouloir les comprendre. En dépit de tout cela, mes reportages et articles relatent un total de 77 origines ethniques différentes vivant en Turquie. Je souhaite présenter différents groupes ethniques et cultures qui s’effacent, les mettre en lumière, car ils ont toute leur place dans notre monde. Les mots ne sont pas suffisants pour exprimer combien j’apprécie de raconter dans mes reportages et articles la multitude de mythes, cuisines, traditions et coutumes de ces cultures. Je ne me lasse jamais par ailleurs d’écrire sur l’art, qui a, selon moi, une posture qui excite toujours l’esprit et suscite des réactions. Les évènements artistiques me réjouissent car ils sont porteurs de messages.

Articles:
Arts and Dialogue In Turkey Part 1
Arts and Dialogue In Turkey Part 2
Arts and Dialogue In Turkey Part 3
Arts and Dialogue In Turkey Part 4